Un avenir électrisant pour le Québec

Source: Article original publié en janvier 2020 par Eric Desaulniers. Traduction par Nouveau Monde Graphite.

À la lecture des grands titres, l’énergie et l’environnement semblent se livrer un dur combat. Et si le Québec pouvait contribuer à faire de ces deux concepts des alliés plutôt que des opposants ? 

Plus de quarante ans après leur découverte, les batteries lithium-ion – célébrées par le prix Nobel de chimie 2019 – révolutionnent notre quotidien en électrifiant nos transports, en alimentant nos appareils technologiques et en emmagasinant l’énergie en prévision des périodes de pointe. Alors que les applications se multiplient, les manufacturiers ont soif de minéraux pour les produire.

Lithium, cobalt, graphite et nickel sont les principaux minéraux qui entrent dans la composition de ces batteries d’avenir. Si l’énergie qu’ils génèrent est sans émission, leur extraction et transformation sont généralement beaucoup moins vertes. Les pays producteurs, avec la Chine en tête de liste, possèdent une feuille de route pour le moins discutable quant à l’empreinte environnementale de leurs opérations et du respect des collectivités et des travailleurs.

Que ce soit pour notre accès à une énergie propre et renouvelable ou pour notre compréhension avancée des concepts environnementaux entourant des opérations minières responsables et durables, le Québec peut changer la donne à l’échelle planétaire en occupant un rôle important dans cette future économie de l’énergie minérale.

La Banque mondiale entrevoit une augmentation de la demande vertigineuse d’ici 2050 pour ces minéraux stratégiques : 383 % pour le graphite qui retient notre attention, et jusqu’à 965 % pour le lithium !

C’est que l’adoption des véhicules électriques n’est plus un phénomène marginal ; le nombre de voitures électriques a grimpé de 71 % au Québec selon les plus récentes données de CAA-Québec. L’Europe et l’Asie montrent un appétit encore plus important, en raison notamment de la nouvelle réglementation de l’Union européenne sur les émissions de CO2 pour le transport.

Pour répondre à la demande, les mégas-usines de batteries poussent comme des champignons :  Benchmark Mineral Intelligence en recense maintenant 115 comparativement à 63 à pareille date l’an dernier. Un boom économique intéressant pour les technologies de l’énergie, mais tout un casse-tête d’approvisionnement en minerais stratégiques et d’assainissement de la chaîne de valeur.

Concilier énergie et environnement

Les pressions du marché, la situation géopolitique du Québec et la prise de conscience planétaire sur l’urgence climatique ouvrent une fenêtre d’opportunité inégalée pour propulser la transition énergétique de manière éthique et responsable. 

Géophysicien de formation, j’ai fait le pari de prospecter de nouveaux territoires délaissés par l’industrie minière : un Nouveau Monde à découvrir avec de nouvelles technologies ! Quelques 20 000 km2 d’exploration héliportée et de suivi au sol ont mené notre destin à Saint-Michel-des-Saints, dans Lanaudière, où la nature nous a laissé, il y a très longtemps, un gisement de graphite de classe mondiale.

Depuis cette découverte en 2015, j’ai toujours pris très sérieusement ce privilège unique de développer un projet d’exploitation d’une ressource non-renouvelable. C’est ainsi qu’avec toute mon équipe, la communauté et les acteurs du milieu, nous avons réimaginé ensemble les pratiques traditionnelles de notre secteur pour proposer un projet innovant et audacieux axé sur le développement durable. Première mine à ciel ouvert 100 % électrique, nous comptons valoriser ce minéral stratégique pour créer de la valeur sociale, environnementale et économique.

Les ressources naturelles du Québec sont notre richesse collective. Si l’hydroélectricité propre et renouvelable fait notre fierté, les minéraux de notre sous-sol le peuvent tout autant en offrant une solution de rechange aux énergies fossiles.

Au-delà des ressources naturelles, le Québec est également riche de ses talents, ses plateformes de recherche et développement, ses normes environnementales mondialement reconnues, ses PME innovantes qui tissent un cadre économique dynamique et enfin, son leadership.

Le regard de la province se tournera cette semaine vers Saint-Michel-des-Saints alors que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement entame les consultations sur notre projet minier. Dans ce cadre de participation démocratique d’exception, j’invite les Québécoises et les Québécois de tous horizons et de tous âges à réfléchir à la place que nous souhaitons occuper à titre de société dans cette transition énergétique.

 

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